dimanche 5 février 2012

LIVE REPORT: Arctic Monkeys- Olympia, Feb 3

J'ai (malheureusement) passé l'âge de faire la queue pour un groupe de rock dès sept heures du matin. En même temps, il faut bien reconnaître que si j'avais dû attendre près d'une demi-journée dans le froid polaire qui avait gagné Paris vendredi, j'aurais certainement eu la tête, bouffie de froid, d'une Kim Kardashian pas maquillée. Mais passons tout ça pour revenir au principal.

Vendredi soir donc, les Arctic Monkeys investissaient la capitale pour le 100ème concert de leur tournée. La semaine s'avérait ultra-productive pour eux puisque c'est trois concerts parisiens sold out dans trois salles différentes que le groupe de Sheffield a assuré . Pour ce concert à l'Olympia, c'était à nouveau Miles Kane qui assurait la première partie. Passés l'entrée toujours aussi noble de la salle du boulevard des Capucines, c'est direction le bar que mon cher et tendre et moi nous dirigeons. Comme la majorité des post-vingt-cinq ans qui ont dorénavant décidé que rien de pressait pour profiter d'un concert. A vingt heures pile, le Liverpudlien, fils spirituel de Macca, attaque la scène dans son costume bordeaux. C'est la cinquième fois en huit mois que je le vois sur scène- sans compter l'interview qui m'avait été accordée en mai dernier et il n'y a aucun doute encore ce soir, Miles Kane est certainement l'un des meilleurs frontmen de ce début de décennie. Tout à la fois charmeur, rock, mod. Les premiers rangs ont déjà cédé au charme, il faudra moins de deux titres pour que l'arrière de la fosse ne soit conquise. Quarante-cinq minutes d'un show puissant où la moitié des Last Shadow Puppets nous a livré ses meilleurs titres, de Re-arrange à Come Closer en passant par Inhaler ou My Fantasy sans oublier la reprise -in English- d'un titre de Jacques Dutronc, The Responsible, déjà expérimentée pendant le festival des Inrocks en novembre dernier. Le show étant filmé ce soir-là, sa moitié musicale le rejoint même sur scène pour un titre qui achèvera les fans transies des deux nordistes anglais. Avec sa banane et son blouson en cuir, Alex Turner est le rocker, Miles Kane le mod. Ou un peu comme si Lennon et McCartney avaient fait partie de deux groupes différents pour mieux s'apprécier.

« L'Olympia vous offre 20 minutes d'entracte » et hop, la moitié de la salle se vide, direction les 2 bars.

Quand les lumières s'éteignent à nouveau, c'est une frénésie qui s'empare de la salle au son de Don't Sit Down Cause I've Moved Your Chair. Les Arctic Monkeys, je ne les avais vus qu'une fois auparavant, sur leur première tournée et leur passage à- feu (si on peut dire)- l'Elysée Montmartre. Caché derrière ses cheveux, Alex Turner semblait à l'époque mal assuré face à un public vénérateur et des teenagers qui cherchaient en eux leurs nouveaux Libertines. Sept ans plus tard, c'est un tout autre frontman que je retrouve: détendu, limite arrogant, le petit gars de Sheffield est devenu « a true rock n' roll star ». Pas de doute, c'est sur ses épaules et celles de son comparse batteur Matt Helders que le show repose. Devenu en quelques années un référent dans son domaine, l'image des Monkeys dans les clips et même celui, capable d'enjouer les tabloids, Matt Helders a l'assurance du gars qui sait qu'il est le meilleur de sa génération. Perso, je suis venue pour le nouvel album. Grand débat que nous n'entamerons pas ici, mais Suck It And See est pour moi le meilleur album rock de 2011, et par delà, l'un des meilleurs de ces dernières années, number 2 dans mon classement des albums des Arctic Monkeys. Et j'en ai eu pour mes 38 euros de billets puisque The Hellcat Spangled Sha La La La, l'éponyme Suck It And See, l'imparable Black Treacle et j'en passe, le groupe a balancé le meilleur de son dernier opus, alternant avec le meilleur de ses derniers albums de Brianstorm à I Bet That You Look Good On The Dancefloor.

Encore une fois, concert filmé égal guests. Et c'est Richard Hawley qui s'y colle en rejoignant le groupe pour un titre. Et bien sûr Miles Kane. Le rappel suffira à asséner le coup final. Les Arctic Monkeys étaient en très grande forme ce soir et si le monde musical actuel ne vénérait pas autant de bouses insipides et obséquieuses, ces quatre gars seraient sans aucun doute les nouveaux Beatles. Fans des Monkeys, you CAN believe their hype.





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